Gestion du risque de catastrophe au Pérou

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Présentation du pays

Informations générales sur le Pérou.png

  Carte politique, drapeau et informations générales sur le Pérou 
  Source: travelstoperu.com


Le Pérou est situé à l’ouest de l’Amérique du Sud et est bordé par les pays suivants : l’Équateur et la Colombie au nord, le Brésil et la Bolivie à l’est et le Chili au sud. Il est bordé à l’ouest par l’océan Pacifique, de même qu’il est traversé par la cordillère des Andes et pénétré par la forêt amazonienne. Son territoire est composé de 3 régions principales [1] :

  • La zone littorale (la Costa) : elle est constituée de plaines fertiles qui assurent l’essentiel de la production agricole et industrielle.
  • La zone montagneuse (la Sierra) : elle comprend la Cordillère des Andes qui culmine à 6768 mètres d’altitude avec le mont Huascarán.
  • La région amazonienne (la Selva).

De plus, le pays partage avec la Bolivie le lac d’altitude le plus vaste au monde : le Lac Titicaca. Celui-ci s'étend sur plus de 8300 km² à une altitude de 3900 m.


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  Carte géographique du Pérou 
  Source: geoatlas.fr

Les risques majeurs naturels présents au Pérou

Les facteurs géographiques, géologiques ou encore océanographiques donnent au Pérou toutes ces caractéristiques spécifiques, ces paysages aussi diversifiés que magnifiques mais aussi tous ces risques et dangers. Voici un résumé des différentes zones et leurs facteurs de risques:


  • La ceinture de feu du Pacifique: haute sismicité, activité volcanique et tsunami

Le Pérou est situé sur la ceinture de feu du Pacifique [2]. La plaque de Nazca (lithosphère océanique) s’enfonce sous la plaque sud-américaine (lithosphère continentale) qui est plus épaisse : c’est une zone de subduction (Figure ci-dessous). En plongeant ainsi, la lithosphère océanique fond et donne naissance à des chambres magmatiques et donc par suite, au volcanisme de la cordillère des Andes.

Situation géologique du pérou.png

  Situation géologique du Pérou
  Source: ingemmet.gob.pe

Les volcans du Pérou sont majoritairement situés dans la partie sud du pays. Ils s’élèvent à plus de 4000m d’altitude et culminent vers les 6000m. Les plus actifs du territoire sont le Misti, l’Ubinas, le Sabancaya, le Huaynaputina, le Ticsani, le Tutupaca et le Yucamane. Le Misti (+5822m), situé dans la ville d’Arequipa, compte notamment parmi les volcans les plus menaçants de la planète.

Ceinture de feu et volcans péruviens.png

  Ceinture de feu du Pacifique, Volcan El Misti - Pérou, Volcan Ubinas - Pérou


  • La zone tropicale et subtropicale : phénomène « El niño », inondation, période de froid intense, sécheresse

Le courant principal qui influe sur le pays est le courant de Humboldt, aussi appelé courant péruvien [3]. C’est un courant océanique froid qui coule vers le nord tout le long de la côte ouest de l’Amérique du Sud. Il se forme au niveau des côtes équatoriennes, péruviennes et chiliennes. En effet, des vents dominants soufflent parallèlement à la côte, ce qui emporte les eaux chaudes superficielles. Pour cette raison, la température des eaux le long de la côte est de 5 à 10 degrés plus faibles que la normale. Ces eaux froides contiennent des nitrates et phosphates provenant des fonds marins dont s’alimente le phytoplancton. Cela favorise la reproduction de celui-ci et donc le développement du zooplancton qui se nourrit de ce dernier. A leur tour, les poissons se nourrissent de ce zooplancton et se multiplient rapidement. C’est pourquoi la pêche est si variée et fructueuse le long de la côte péruvienne. Ce courant froid est également responsable des fortes brumes et brouillards de la côte. Il favorise le développement de la flore, malgré les faibles précipitations de certaines zones arides et désertiques.

Cependant, il y a des fois où le courant ne parvient pas à émerger totalement et les vents du nord apportent des eaux chaudes jusqu’au sud. C’est là qu’un courant chaud, appelé courant « del niño » remplace l’habituel courant de Humboldt. Ce courant entraîne l’extension du courant équatorial et provoque une élévation des températures des eaux de surface de 10 degrés. Cela provoque une diminution du plancton et ainsi une catastrophe temporaire pour l’industrie de la pêche et la survie des oiseaux de mer de la zone affectée. De même, sur cette nouvelle surface d'eau chaude, une dépression atmosphérique chargée d'air très humide va se former et ainsi provoquer des pluies torrentielles. On donne également le nom « del niño » à ce phénomène. Celui-ci dure généralement 1 à 2 ans et est suivi d’un phénomène contraire appelé « la niña ». De forts alizés ramènent les eaux chaudes de surface dans l’Ouest du Pacifique ce qui provoque de fortes pluies de mousson en Asie alors que les eaux de surface sud-américaines se refroidissent et entraîne un temps très sec sur les côtes.


Jungle, Aguas Calientes, Iquitos.png

  Aguas Calientes - Pérou, Iquitos - Pérou   


  • La cordillère des Andes : phénomène géologique, glissement de terrain, avalanche, alluvion

La cordillère des Andes (Cordillera de los Andes) est la plus grande chaîne de montagnes du monde. Elle est orientée nord-sud tout le long de la côte occidentale de l'Amérique du Sud et est longue d'environ 7 100 kilomètres. La cordillère a une altitude moyenne de 4 000 mètres et culmine à 6 962 mètres. Elle débute au Venezuela au nord puis traverse la Colombie, l'Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l'Argentine, jusqu'à la pointe sud du continent. [4]

Les risques naturels présents sont donc les risques typiques que l'on retrouve en zone de montagne: les glissements de terrains, l'érosion des sols, les chutes de blocs, les avalanches, les crues torrentielles, les feux de forêts, etc.


Cordillère des Andes.png

  Cordillère des Andes - Pérou, Ocobamba - Pérou   


On peut également ajouter que le réchauffement planétaire favorise la déglaciation et les changements climatiques.

Le concept général de la gestion du risque de catastrophe au Pérou

La gestion du risque de catastrophe est un processus dont le but ultime est la prévention, la réduction et le contrôle permanent des facteurs de risques de catastrophes dans la société, ainsi que la préparation et la réponse optimales aux catastrophes. Cela est mis en œuvre compte tenu des politiques nationales avec un accent particulier sur celles qui sont liées au développement économique, à l'environnement, à la sécurité et à la défense nationale.

La loi est régie par les 11 principes (de protection, de biens communs, de subsidiarité, d’équité, etc.) et les 3 composantes de la gestion du risque de catastrophe:

  • La gestion prospective : C’est l'ensemble des actions planifiées et mises en œuvre pour éviter et prévenir l’apparition de risques futurs qui pourraient survenir avec le développement de nouveaux projets sur le territoire.
  • La gestion corrective : C’est l'ensemble des actions planifiées et mises en œuvre afin de corriger et/ou d'atténuer le risque existant.
  • La gestion réactive : C’est l’ensemble des actions et des mesures mises en place pour faire face à un danger imminent ou affronter une catastrophe.

Les différentes étapes dans la gestion des risques sont respectivement les suivantes: l'estimation du risque ; la prévention et la réduction du risque ; la préparation, la réponse et la réhabilitation ; la reconstruction.

Contexte historique

Le 31 mai 1970 est survenu le tremblement de terre (7,9 de magnitude) le plus destructeur et meurtrier de l’histoire du Pérou [5]. Il provoqua de gigantesques avalanches au niveau du mont Huascaran ce qui entraina l’éboulement de tours rocheuses et le détachement de fragments de glaciers. Ainsi ces avalanches recouvrirent toute la ville de Yungay et le village de Ranrahirca. Cette tragédie dénombra plus de 100 000 victimes, mortes ou portées disparues.


Plaza de Armas Huaraz terremoto 1970 bn.jpg Yungay.jpg

  Place des armes - Huaraz, Vue avalanche - Yungay
  Tremblement de terre 31 mai 1970, Pérou
  Source: sismosenelperu.com


C’est cet évènement qui déclencha, le 28 mars 1972, la création du Système National de Défense Civile (SINADECI) avec le but de protéger la population, de prévenir les dangers, d’apporter l’aide nécessaire et d’assurer la réhabilitation en cas de catastrophe.

Le 27 septembre 1987, l’Institut National de Défense Civile (INDECI) s’est vu créé à son tour et incorporé au SINADECI ; devenant ainsi l’organisme principal et directeur du système [6]. Il est alors en charge de l’organisation des populations, de la coordination, de la planification et du contrôle des activités de défense civile. L’objectif principal étant d’éviter et/ou d’atténuer la perte de vies humaines, la détérioration des biens matériels et de l’environnement ; qui pourraient survenir après l’apparition d’une catastrophe naturelle ou technologique. Tout cela dans le but d’assurer le développement durable du pays. Quant à sa mission, elle est alors de conduire et de diriger le Système National de Défense Civile en promouvant l’implémentation de politiques, de normes, de programmes…

Le 19 février 2011, la loi N°29664 accompagnée de son règlement (validés par le décret suprême N048-2011-PCM) créent le Système National de Gestion du Risque de Catastrophe (SINAGERD). Celui-ci vient alors remplacer le SINADECI. De même, la loi établit l’INDECI comme organisme rattaché à la Présidence du Conseil des Ministres (PCM) qui est l’actuel organe recteur du SINAGERD.

Aujourd’hui, l’INDECI est en charge de la partie gestion réactive du risque en ce qui concerne les processus de préparation, réponse et réhabilitation en cas de catastrophe ; en accord avec la Politique Nationale de Gestion du Risque de Catastrophe (PNGRD). De plus, l’INDECI possède plusieurs outils et organes d’appui qui lui permette d’implémenter et de développer ses activités liées à la gestion réactive de risque [7].

L'organisation et le rôle des acteurs de la gestion du risque de catastrophe au Pérou

La loi N° 29664 est la nouvelle loi prescrivant la création du Système National de Gestion du Risque de Catastrophe (SINAGERD). C’est la réglementation la plus importante en matière de gestion des risques naturels et anthropiques. Celle-ci est dirigée par le Cabinet du Premier Ministre et est composée de la manière suivante :


Le Système National de Gestion du Risque de Catastrophe.png

  Système National de Gestion du Risque de Catastrophe


  • PCM. Présidence du Conseil des Ministres

PCM.png Elle assure les fonctions administratives du Système National de Gestion du Risque de Catastrophe.


  • CNGRD. Conseil National de Gestion du Risque de Catastrophe

C’est l’organe décisionnel maximal en matière de politique et de coordination stratégique.


  • CENEPRED. Centre National d’Estimation, de Prévention et de Réduction du Risque de Catastrophe

CENEPRED.png C’est l’organisme public exécuteur responsable des parties Estimation du risque, Prévention, Réduction et Reconstruction.


  • INDECI. Institut National de Défense Civile

INDECI.jpg C’est l’organisme public exécuteur responsable des parties Préparation, Réponse et Réhabilitation.


  • SIREDECI. Système Régional de Défense Civile

Chaque région et localité possède sa propre antenne de défense civile ou bureaux de défense civile. Ceux-ci forment tous à plus grande échelle, le Système National de Défense Civile.


  • CEPLAN. CEntre National de Planification Stratégique

CEPLAN.jpg Il travaille en collaboration avec la PCM dans l’intégration de la Gestion du Risque de Catastrophe dans le Plan Stratégique de Développement National.


  • Entités publiques, forces armées, police nationale, société civile…

POLICIA.png Ces diverses entités et organisations constituent des groupes de travail pour la gestion du risque de catastrophe.

Les 7 étapes de la gestion du risque de catastrophe

1 Estimation du risque

Cela consiste en la prise de connaissance des dangers et en l’analyse des vulnérabilités. Cette étape permet d’établir des niveaux de risques qui faciliteront par la suite la prise de décision. > Détails Décret suprême D.S.Nº 048-2011-PCM, Articles 23 et 24.

2 Prévention et 3 réduction du risque

Cela consiste en la mise en place de mesures et actions visant à prévenir la production de nouveaux risques et à réduire les vulnérabilités et les risques existants. Cette étape s’inscrit également dans un contexte de développement durable. > Détails Décret suprême D.S.Nº 048-2011-PCM, Articles 25 à 28.

4 Préparation, 5 réponse et 6 réhabilitation

Ce sont toutes les mesures et actions réalisées dans le but de d’apporter une réponse optimale de la société en cas de catastrophe et de garantir la meilleure prise en compte possible des personnes affectées. Cela passe aussi par la réhabilitation des services basiques essentiels à la vie humaine et à ses activités. Ce sont les principales missions de l’Institut National de Défense Civile. > Détails Décret suprême D.S.Nº 048-2011-PCM, Articles 29 à 34.

  • Préparation

Cette phase constitue l’ensemble des actions suivantes :

- planification,

- développement de compétences,

- organisation de la société,

- opérations des institutions régionales et locales en charge de l’attention et du secours,

- mise en place et opérations du réseau national d’alerte et de gestion des ressources,

Celles-ci permettent d’anticiper et de répondre de manière efficace et efficiente en cas de catastrophe ou de situation de danger imminent.

  • Réponse

Cette phase est composée des différentes actions et activités mise en place lors d’une catastrophe ou d’une urgence.

  • Réhabilitation

Cette phase est formée de l’ensemble des actions conduisant tout d’abord au rétablissement des services publics basiques indispensables ; puis à la réparation des effets physiques, environnementaux, sociaux et économiques engendrés par la catastrophe sur la zone affectée. Cette phase intervient avant celle de la reconstruction.

7 Reconstruction

C’est l’ensemble des mesures prises et mises en place pour assurer un environnement durable aux zones affectées. Ces actions doivent permettre de réduire le risque présent avant la catastrophe ; et de veiller au développement physique, économique et social des communautés touchées. > Détails Décret suprême D.S.Nº 048-2011-PCM, Articles 35 et 36.

Références

[1] France Diplomatie http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/

[2] Instituto Geológico Minero y Metalúrgico http://www.ingemmet.gob.pe

[3] Servicio Nacional de Meteorología e hidrología del Perú http://www.senamhi.gob.pe/

[4] Larousse http://www.larousse.fr

[5] Memoria Institucional, INDECI, 2008

[6] Instituto Nacional de Defensa Civil http://www.indeci.gob.pe/index.php

[7] PCM, CENEPRED, INDECI Ley N° 29664, Ley que crea el Sistema Nacional de Gestión del Riesgo de Desastres. Decreto Supremo 048-2011-PCM, Reglamento de la Ley de crea el Sistema Nacional de Gestión del Riesgo de Desastres.


Le créateur de cet article est Adeline Bordais
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